L'Exode rural ou la colline oubliée

Exode

 

 

Aghbala, comme tous les villages kabyles connaît le même phénomène social de l'exode rural, il se vide de ses habitants.

​L'aspect du village a beaucoup changé ces dernières décennies, aujourd'hui il s'étend sur quelques kilomètres, le parcour total par les données satélite de Google Map  nous donne 12.4 Km (l'emplacement du village avec le nom français ARBALA à côté de AIT SKHAR sur la carte est d'ailleurs erroné, une demande de réctification a été envoyée à Google pour la corriger!) , alors que la partie compacte qui constituait l'ensemble de l'ancien village se situait en bas d'Inourar, seules quelques familles sont réstées de ce côté. Ainsi, Aghbala (Iarichen) avec Tighzert forment aujourd'hui un seul village. 

Ruant dans une course qui ne dit pas son nom vers le villes voisines d'El Kseur, Sidi Aich, Seddouk, Akbou et Bejaia, certaines familles ont à peine terminé la construction d'une nouvelle maison ou la rénovation de l'ancienne au village, qu'elles se tournent dèjà vers la Ville pour ceux qui ont en les moyens, ou construire au bord d'une route pour automobile pour les autres. Il est vrai que l"isolement et le caractère très accidentel du relief de la Commune d'Ath Jellil y sont pour quelque chose dans cet exil vers un eldorado urbain.

Ce phénomène qui a touché la Willaya de Béjaia a été bien décrit dès 2008 par Akerkar Ali étudiant doctorant à SupAgro de Montpelier dans son rapport de thèse "Thajmaεth kabyle, entre changement et résistance : quels impacts pour le développement communautaire ?" :  "L’incapacité des montagnes à s’auto-suffirent pousse les populations à fuir les multiples contraintes du milieu rural pour s’installer dans des villes, soit par l’achat de logements, soit par l’auto-construction. La population rurale ne cesse de diminuer. Elle est passée de 631 424 habitants, soit 68,10% en 1998, à 431 014 habitants, soit 47,23% en 2008. L’exode rural a touché la quasi-totalité des communes de la wilaya. Dans le village de Hamda dans la commune de Boudjellil il ne reste qu’un seul ménage, le douar Ath Amar Uyub est entièrement dépeuplé, la commune de Kendira a perdu 38% de sa population en dix ans et 42% de la population du village Ath Djemhour vie ailleurs, pour ne citer que ces exemples". Ce phénomène, il faut le souligné,  a créé une  "compétition - concurrence acharnée" entre les familles, ce qui aggrave la situation des villages et accélere leur décadence encore plus de nos jours. 

Mais, l'effet est dévastateur sur la sauvegarde de l'acrchitecture, sur la maison traditionnelle kabyle et sur l'existence même de ces villages. Nobostant toute vision d'avenir et occultant toute stratégie de maintien de la culture et des traditions kabyles, certains se permettent comme on le voit sur la photo "Aghbala Le Vieux" ci-dessous d'enlever les toitures (poutres en bois ou en ferraille) des anciennes demeures familiales pour les réutiliser dans leurs nouvelles bâtisses. En fragilisant ainsi les structures, c'est une disparition assurée des anciens quartiers et avec eux disparaissent aussi les souvenirs des traditions millénaires des beaux villages de nos montagnes et des réunions démocratiques de « Tajmaâth ». C'est un véritable déracinement. De ce fait l'ancien village d'Ijdaren a presque totalement disparu, il ne reste que quelques ruines.

C'est le sort qu'a connu notre ancienne maison de famille située dans le quartier dit « Akhnak ». En effet, j'ai été stupéfait de découvrir, après quelques années d’absence que des figuiers sauvages hauts comme des sapins ont poussé en places et lieux des pièces et chambres constituant ma demeure natale. La maison a été tout simplement effacée et rasée. C’est affligeant !!! 

Toiture enleves

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